Chassés de partout, des demandeurs d’asile établissent un nouveau campement à Flagey. 

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Chassés de partout, des demandeurs d’asile établissent un nouveau campement à Flagey. 

Soutenus par une dizaine d’associations (CIRE, Solidaris, MOC, FGTB, PAC, RWLP,…), une centaine de demandeurs de protection internationale, laissés à la rue par l’Etat belge, ont établi par surprise un campement place Sainte-Croix, à Flagey, ce vendredi vers 18h.  Une centaine de citoyen·nes et de nombreuses personnalités de la société civile étaient présent·es pour soutenir l’action et aider au montage.

Une succession de mesures prises ces dernières semaines par les autorités politiques rend la situation à Bruxelles particulièrement explosive, et explique ce nouveau campement et le soutien de nombreux acteurs associatifs. 

Les autorités veulent à tout prix cacher les conséquences de leurs manquements aux lois, à leurs missions et à la dignité humaine. Alors, ici, le campement résiste et rend visible ce que l’Etat veut rendre invisible” déclare Amin, demandeur d’asile, à la rue depuis plus de 6 mois. 

En effet, fin août, Nicole de Moor annonçait qu’elle suspendait l’accueil des hommes seuls demandeurs d’asile dans le réseau Fedasil. Une décision prise alors qu’il reste plus de 2100 demandeurs de protection internationale à la rue et que l’Etat est déjà condamné plus de 8000 fois par divers tribunaux, pour non-respect du droit d’asile. Ce mercredi, le Conseil d’Etat a annoncé la suspension de cette décision, la jugeant illégale une fois de plus. Il ne s’agit que d’une condamnation supplémentaire parmi des milliers d’autres. Nicole de Moor tweete d’ailleurs immédiatement que sa politique ne changera pas, au mépris de la décision et de l’Etat de droit.

La même semaine, les demandeurs d’asile qui occupent le bâtiment Toc Toc Nicole, rue de la Loi, annonçaient devoir le quitter prochainement. Les conditions de vie sont devenues inhumaines (l’eau et l’électricité ont été coupés il y a 3 mois et le bâtiment est menacé d’expulsion). L’Etat belge et Fedasil ont méprisé les jugements récents qui les contraignent à prendre en charge la gestion du bâtiment. Au même moment, face à la saturation des réseaux régionaux d’hébergement d’urgence, Catherine Moureaux (PS) déclarait qu’elle ne laissera plus de tentes s’installer le long du canal. 

Quelques jours plus tard, les autorités fédérales refusaient encore une fois d’ouvrir le débat sur la régularisation pourtant nécessaire des travailleurs sans papiers et coordonnaient une série d’opérations dites de “nettoyage” à la gare du Midi. Elles criminalisent ainsi des demandeurs d’asile, des personnes sans papiers et sans abri qui y trouvaient refuge. 

Il n’y a pas de crise de l’accueil. Il n’y a pas plus d’arrivées qu’en 2015, et de nombreuses places d’accueil ont été supprimées jusqu’en 2019. Il y a aujourd’hui un refus systématique d’accueillir en bafouant méthodiquement l’Etat de droit. Si le camp de la dignité est ici, c’est parce que le camp de la honte est chez eux” déclare Sacha, citoyenne solidaire. “Nous appelons les citoyen·nes à passer au camp pour marquer leur soutien. Ce dimanche, à l’occasion de la journée sans voiture, nous prévoyons notamment un grand événement familial et festif au camp avec des rencontres, ateliers et concerts.” 

Les soutiens et les occupants du campement exigent que la secrétaire d’Etat Nicole de Moor et le gouvernement mettent enfin en place des solutions pour accueillir les hommes isolés dans le réseau Fedasil. En attendant, les protagonistes demandent des solutions urgentes pour éviter la rue. Les organisations remettent en avant la feuille de route qu’elles ont écrite il y a plus d’un an, qui reprend une série de solutions concrètes que le gouvernement refuse de prendre en considération.

Des solutions existent. Nous les avons mises sur la table il y a déjà des mois. Mais attention, la situation va bientôt devenir ingérable. Il faut maintenant que les autorités politiques choisissent leur camp. Celui de la répression ou celui de la dignité” conclut Sotieta Ngo, directrice du CIRÉ. 

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