La situation

FORCONS UNE SOLUTION FEDERALE / EIS EEN FEDERALE OPLOSSING

Depuis plus d’un an et demi, les personnes qui déposent des demandes d’asile en Belgique ne sont plus directement logées, comme c’était le cas précédemment, et comme les conventions internationales l’exigent. Le résultat ? Des personnes sans logement toujours plus nombreuses.
La justice a rappelé à l’ordre la Belgique à de multiples reprises, sans que cela ne la fasse changer de ligne. Fedasil, l’agence responsable de loger les demandeur.euse.s d’asile, a déjà été condamnée 9.000 fois par le Tribunal francophone du travail de Bruxelles. A cela s’ajoutent 200 condamnations par la Cour européenne des Droits de l’homme. Malgré cela, l’Etat ne se plie pas aux décisions judiciaires.
Comme l’expliquait déja en décembre l’avocate Marie Doutrepont, « ça fait plus d’un an que la crise perdure et que nous constatons qu’au bout de 6000 ou 7000 décisions de justice qui ne sont pas respectées, la situation n’a toujours pas changé. Donc, à partir du moment où l’exécutif ne respecte pas la loi qui dit qu’il faut accueillir les demandeurs d’asile et ne respecte pas non plus le pouvoir judiciaire qui l’y condamne systématiquement, il y a vraiment un souci en matière d’État de droit. Quand l’équilibre des pouvoirs n’est plus respecté, c’est l’État de droit qui est en péril. »
Face à cette situation, depuis dimanche après-midi 15 heures, un groupe de demandeurs d’asile et de citoyens solidaires occupent un nouveau bâtiment. Ils réclament des places dans le réseau d’accueil de Fedasil pour les 70 demandeurs d’asile abrités dans le bâtiment et des solutions urgentes pour que tous les demandeurs d’asile reçoivent l’accueil auquel ils ont droit (comme l’activation du plan national de crise ou un plan de répartition dans les communes).
Dans un communiqué, des associations de 1re ligne (comme le CIRé, Médecins du Monde, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, Médecins Sans Frontière, la Plateforme citoyenne, Samusocial) expliquent pourtant que des solutions sont sur la table pour mettre fin à cette crise. « La feuille de route de sortie de crise proposée il y a deux mois par une cinquantaine d’associations propose de nombreuses mesures activables. Parmi elles, citons l’activation du plan de répartition en aide financière auprès des CPAS tel que prévu par la loi accueil en cas de saturation, le traitement prioritaire par le CGRA (Commissariat Général des Réfugiés et des Apatrides) des dossiers des nationalités à haut taux de protection, la sortie du réseau des personnes qui y séjournent depuis plus de 3 ans (cela représente plus de 2.500 personnes), ou la mobilisation des hôtels pour les personnes ayant obtenu un statut mais toujours en transition dans le réseau d’accueil. Chacune de ces mesures donnerait une perspective de sortie de crise. Combinées, ces mesures permettraient de fixer un horizon permettant de garantir une mise à l’abri de toutes les personnes, le plus rapidement possible. »